À l’aide de courtes animations vidéo, histoires et proses, Zumiens porte un regard humble sur notre humanité. Avec ce regard à la fois naïf et lucide, il cherche à questionner nos histoires. Trop idéaliste, Zumiens regarde sans comprendre : nous sommes si intelligents mais nous nous comportons si bêtement. L’univers Zumiens, c’est comme nous voir au travers les yeux d’un extraterrestre ! C’est un peu déstabilisant, mais aussi très rafraîchissant. Par moments, il s’exaspère devant le spectacle du cirque de l’humanité — avec ses jongleries de mensonges et de manipulations, avec ses acrobaties politiques, avec ses illusionnistes qui distordent la réalité et manipulent les perceptions, et avec tous ses clowns qui ne font plus rire. À d’autres moments, il rêve du monde beau et juste auquel il a cru enfant ; un monde qui existe bien souvent, mais pas tout le temps. Puis enfin, il explore simplement l’art visuel.
Les Zumiens a commencé après ma découverte de ‘Blender’ un logiciel ouvert pour l’animation 3D. Passionné pour le dessin et la peinture, j’ai voulu explorer ce média. Pour agrémenter ce nouveau hobby, j’ai entrepris de produire une petite histoire illustrée. Libre de toutes contraintes, une histoire très spontanée a émergé. Bien évidemment, on y retrouve l’expression de ce qui domine mon esprit : cette contemplation du monde qui tourne autour des histoires que l’on se raconte, souvent sans lien avec la réalité concrète. Je suis toujours un peu troublé d’entendre les expressions telles « la perception est la réalité ». Riche d’un parcours professionnel en science, où on étudie la réalité, de telles vues sur le monde me sont profondément offensantes. Non pas qu’elles n’aient pas leur mérite, elles ont leurs limites trop souvent ignorées. Cette ignorance, me semble un gaspillage d’énergie mais surtout la cause de tant de souffrance. Ce ne sont que des histoires inventées ! Elles sont cause de guerres, de désastres écologiques, et de tellement de souffrances interpersonnelles. Bien sûr, c’est la nature humaine. Le livre « Sapiens » de Yuval Noah Harari en fait bien état, c’est exactement cette capacité à raconter des histoires, vraies ou non, qui mobilise l’humain à faire tant de grandes choses, et de grands maux… De plus, mes lectures et mes expérimentations avec la Programmation Neurolinguistique (PNL), mon bien convaincu du pouvoir que les histoires que l’on raconte à notre esprit ont sur notre état psychique et sur nos capacités ou limites à accomplir des choses extraordinaires et à influencer artificiellement soi-même et autrui. Non le moindre, quand on examine la puissance des techniques de marketing, on réalise combien naïf notre cerveau est !
Les Zumiens se veut sans prétention ; il ne souhaite que nous rappeler que nous sommes des raconteurs d’histoires, et que si l’on y pense un peu, on pourrait en oublier quelques-unes ; celles qui nous conduisent vers la souffrance. Les Zumiens ne pointe pas un système social, des organisations, des groupes sociodémographiques, il nous pointe nous, humain ; dans nos décisions quotidiennes et dans les masques que nous choisissons de porter. C’est juste un petit rappel que l’on a le choix, ce ne sont que des mots ; un rappel de regarder au-delà des mots, parce qu’il y a une réalité concrète derrière, immuable et qui se balance des mots que nous inventons.